IVG médicamenteuse
Le 17 janvier 1975, la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite « Loi Veil » était promulguée. En 2024, l’IVG en tant que liberté fondamentale est inscrite au sein de la Constitution française.


L'IVG médicamenteuse
en pratique
L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles: 9 SA). Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral conventionné avec l’hôpital , en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé.
Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement, l’IVG peut être réalisée.
La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’oeuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé.
Ces médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme).
NOTEZ BIEN : Vous devez prendre rendez-vous pour une échographie afin de localiser la grossesse et de la dater avant la prescription des médicaments.
Première étape :
La prise du premier médicament, la mifépristone
Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris à l’occasion de la consultation de recueil du consentement. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.
Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2nd médicament.
Deuxième étape :
La prise du second médicament, le misoprostol, entre 24 h et 48 h plus tard
Ce médicament est pris soit à votre domicile soit au cours d’une courte hospitalisation au centre de santé sexuelle.
Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé qui vous suit).
Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible de voir l’oeuf lors de son expulsion.
Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’oeuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures.
Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines.
En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, contactez le professionnel de santé qui vous suit pour la réalisation de l’IVG pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné.
Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament, afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications.
Bon à savoir
- Le taux de succès de cette méthode est d’environ 95 %.
- Cette méthode ne nécessite ni anesthésie ni intervention chirurgicale en cas de succès.
- Si vous choisissez de réaliser l’IVG à domicile il est indispensable de ne pas être seule. En effet être entourée de personnes en mesure de vous soutenir permet de réaliser l’IVG dans un climat favorable.
- De plus en cas d’urgence , cette personne pourra vous accompagner au plus vite aux urgences gynécologiques de l’hôpital le plus proche.
- Votre logement doit se situer à moins d’une heure de l’hôpital de référence, soit l’hôpital de Lorient.
- Afin de limiter le risque infectieux, dans les 15 jours qui suivent l’intervention, il est fortement déconseillé de se baigner ( spa, piscine, bain, bain de mer), d’utiliser des tampons ou une cup, et d’avoir des rapports sexuels sans préservatifs.
- Utilisez une contraception dès le jour ou le lendemain de la prise du 2 ème médicament, car une grossesse est alors à nouveau possible rapidement.
Possibles effets indésirables ou complications d’une IVG médicamenteuse
Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence :
- Fièvre (température supérieure à 38°C) dans les jours qui suivent l’intervention.
- Importantes pertes de sang: une garniture maxi toutes les 30 minutes sur plus de 2 heures, avec des écoulements encore actifs doivent vous faire partir rapidement aux urgences gynécologiques avec votre dossier et votre carte de groupe sanguin.
- Fortes douleurs abdominales non calmées par les antalgiques.
- Malaise.
Un ou plusieurs de ces signes doit vous amener à consulter rapidement un professionnel de santé ou un service d’urgence gynécologique.